10 - LES VILLAGEOIS DE LUNARËN

Le Temple de Lunarën fut érigé il y a près de neuf cent ans, là où le fleuve ondule et oblique vers le sud jusqu’à l’estuaire. A ce carrefour passe une route qui pour sa part conduit au nord-est, avant de se scinder pour rejoindre d’un côté les bois vers le nord, de l’autre les plaines vers l’est, de l’autre encore les rivages vers le sud-est. La petite histoire voulait que le Temple avait été érigé par deux grands érudits de leur temps, Meaëndrel et Timétaöh. Chacun des deux voulut s’arroger la paternité de sa fondation au point de donner son nom au Temple. Aucun des deux n’eut l’ascendant sur l’autre, si bien qu’ils se résignèrent à baptiser l’édifice du nom du village elfique le plus proche, et que les loaux appelaient depuis toujours « Lunarën ».

S’il convient de parler au passé, c’est parce que ledit village, qui avait toujours été d’une taille modeste, n’est plu. Auparavant, une vingtaine de masures voyaient à leur horizon se découper la silhouette du Temple et de ses hautes murailles, mais enfin, l’ensemble demeurait trop éloigné de la route et des bonnes berges de la rivière pour constituer un point de chute indispensable aux voyageurs. Le village de Lunarën vécut toujours de façon si modeste qu’il s’est raconté que l’auberge des Trois-Chemins engrangeait chaque année plus de richesses que tous les habitants du village n’en savait produire.

Tout cela faisait rire ; tout cela convenait bien.

Et puis, la Horde des orcs vint depuis les montagnes ; si elle avait effectivement épargné Bourg-Stoneburg, il n’en fut pas de même pour le malheureux village de Lunarën. La plupart de ses habitants furent exterminés, tandis que les autres furent emmenés par les orcs – les dieux seuls savaient pour quelles raisons. Ceux qui avaient réussi à se cacher et à fuir les abominables trappeurs et leurs arcs impitoyables ne purent que constater la ruine laissée par la Horde derrière elle. Les maisons les plus chanceuses étaient calcinées, mais enfin, on y reconnaissait encore qu’il s’était agi de maisons. Les moins chanceuses avaient été rasées jusqu’à leurs fondations ; et ainsi le modeste village de Lunarën, humble parmi les siècles, fut-il en une seule nuit englouti par des orcs aussi sûrement que par l’œuvre du Dragon.

Chemise couverte de suie et de cendres froides, pantalon usé, mains sales, visage noirci, coudes écorchés, genoux ensanglantés : au moment de se présenter au campement militaire de la Garde Elfique, les sentinelles manquèrent de peu de confondre l’elfe avec quelque orc en maraude. Les dieux seuls savaient comment cette véritable âme-en-peine avait réussi à échapper à la Horde, mais enfin, elle y était parvenue et avait réussi à conserver suffisamment de forces pour parcourir les deux kilomètres qui éloignaient les restes fumants de son village avec le campement des assiégeant du Temple. D’autres villageois avaient survécu, certes ; mais ceux-là avaient certainement fui, probablement vers l’auberge des Trois-Chemins pour commencer, puis là où la sécurité aurait bien voulu les accueillir.

Laëlen n’était pas de cette race-là. L’elfe avait vu sa famille périr dans l’incendie de la maison commune. Son courage lui venait à présent des profondeurs de son âme meurtrie, et sa force semblait jaillir directement de la fureur que lui inspiraient ses tripes nouées par la haine et le chagrin. En arrivant au campement, une fois que les sentinelles eurent accepté de laisser passer l’elfe misérable, ses yeux balayèrent les emplacements. Il y avait là des blessés dans tous les campements. Des humains qui n’étaient pas d’ici agonisaient aussi bruyamment que les elfes de la Garde. « L’aurait du envoyer toutes ses forces d’un seul coup… », maugréa-t-on à gauche ; « On n’en serait pas là ! » pesta-t-on à droite. Laëlen remontait peu à peu le long couloir de tentes, et jetait des yeux horrifiés devant l’ampleur du massacre. Son envie de poser mille questions au premier quidam venu fut compensée par toutes les réponses qui fusaient naturellement dans les conversations que tenaient celles et ceux qui pouvaient encore parler. Aussi Laëlen se tut, et écouta. « Caely, Andus, Brobaër, Valdien… » récita à sa droite un elfe en armure. « … Ainsi que Tamia, Aigrécailles, Laëliss et Baldinois, compléta son subordonné. Ah, et bientôt la Grande Prêtre Marysa, qui à mon sens ne passera pas la nuit ». Les deux elfes portaient sur les épaules une cape d’un bel ouvrage ; Laëlen ne tarda pas à deviner qu’il s’agissait là du Lord Commandant et de son aide de camp. L’elfe en haillons jugea toutefois qu’il était probablement trop tôt pour venir leur quémander des nouvelles au sujet d’autres habitants du village qui auraient pu eux aussi venir se réfugier ici. Aussi Laëlen passa son chemin, et vint porter ses oreilles vers d’autres voix. « Au moins cette catastrophe a-t-elle permis aux créatures ombreuses de périr durant les combats ! » se félicita un homme en robe chatoyante teintée d’or. « Penses-tu : l’invocateur semble déterminé à recommencer son petit rituel », soupira-t-on depuis la tente d’en face. « Foutez-donc la paix au mage, bigots ! L’erreur de stratégie vient du trop-plein de confiance du Lord Commandant ! ». Cette fois-ci, c’était une femme blessée qui avait relevé la tête de sa civière pour s’imposer dans la conversation des deux autres. Une mare de sang noir et séché s’était formée sous son flanc, à l’endroit où son plastron avait été enfoncé. Il suffisait de jeter un œil à son armure jetée à ses côtés pour comprendre que son béret avait également brûlé et qu’il manquait la moitié de la lame de sa fine épée. « On n’était pas assez nombreux c’te fois-ci. Si on avait tous été envoyés, on aurait pt’êt pu l’emporter. Maintenant qu’la moitié d’nos effectifs a été décimée et qu’tout not’ meilleur équipement est resté sur place, ben on n’est plus assez nombreux, et plus assez ben armés, la v’là la vérité ! Y’a même des not’ qui sont restés là-bas et qu’on pas pu sortir d’ce foutu Bastion d’malheur ! ». L’homme aux allures de pêcheur reçut derrière la tête une tape qui le fit taire. « Ferme-là, Debio. Garde-donc ta salive pour hurler au chirurgien de scier plus vite quand il viendra s’occuper de ta jambe. »

Cela fit baisser les yeux de Laëlen sur la couverture qui réchauffait l’homme jusqu’aux genoux. Laissée à l’air libre, sa cuisse droite était noircie d’infections. A ses pieds reposait la flèche brisée qu’on avait du lui extraire un peu plus tôt. Un empennage noir, constata Laëlen. Père, mère… le village…

L’elfe secoua la tête et chassa ces pensées. Remémorer ces images terribles qui hantaient chacune des ses nuits aurait pu lui donner assez de vaillance pour prendre d’assaut en solitaire le Bastion des Orcs, ou bien tomber à genoux dans la boue, les épaules écrasées par le désespoir, à verser toutes les larmes de son corps.

Seuls ceux qui restent seuls ne survivent pas. Voilà ce que lui répétait son père. Il avait été chasseur. Il savait de quoi il parlait. Patiente, et ruse. Voilà pour les conseils de sa mère. Elle avait été la bourgmestre de feu leur modeste village.

La résolution de Laëlen était prise.

Guetter le prochain assaut contre le Bastion. Et y rendre coup pour coup aux orcs le fruit de leur carnage…

Au choix ! En début de séance, toutes vos armes qui sont plus grandes que des armes courtes (env. 60 cm max) seront susceptibles de vous être retirées temporairement afin que vous puissiez les « acheter » aux Marchand(e)s en cours de séance. Notez bien que les Marchand(e)s d’armes ne vendront pas à d’autres participant(e)s les armes que vous aurez apportées pour vous-même !
Si vous ne possédez pas d’armes de GN pour cette séance, l’organisation vous en fournira !
Au choix ! selon ce que vous aura inspiré la lecture de cette présentation du groupe ! (Si vous manquez d’inspiration, voici une idée possible) : Costume de personnage d’inspiration paysans médiéval-fantastique, avec chemise et/ou corset, pantalon ou jupe. Des vêtements usés et/ou rapiécés peuvent également être choisis. Toute autre variante de votre choix sera également la bienvenue !)
Si vous ne possédez pas de costume pour cette séance, l’organisation vous en fournira un !
6 personnages, elfes (uniquement)

Le Bastion des Orcs – Epis'orc II : Le Piège de l'Asservisseur

Synopsis :

Après d’âpres assauts menés contre le Bastion des Orcs, l’infâme forteresse est finalement tombée. Les vainqueurs de Lunarën exultent, et une nouvelle ère de prospérité semble déjà s’annoncer. Hélas, à peine les elfes et leurs alliés ont-ils gravi les marches menant au Sanctuaire de l’ancien Temple fraîchement reconquis, que de par le nord et par le sud jaillissent des renforts orcs inattendus. Depuis le fleuve, d’étranges pirates viennent de débarquer avec tout un équipage. Sur la plaine, l’air s’est empli de la magie d’un mystérieux sorcier, lui-même à la solde du maître d’œuvre de toute cette manœuvre d’encerclement : l’Asservisseur. Vous voici pris au piège au cœur du Sanctuaire de Lunarën. Votre refuge est un lieu dévasté. Votre situation est des plus critiques.

Et le temps vous est déjà compté…

Durée conseillée : 4h environs
Idéal pour: 20 à 48 personnes
Ambiance : Exploration de donjons façon Dungeon & Dragons, accompagnée de combats épiques façon Seigneur des Anneaux.
Scénario de type : GN (LARP)
Action :
Escape Game :
Lecture en amont :

Accéder à l’univers complet du Bastion des Orcs

La saga idéal pour découvrir ou faire découvrir le GN à ses proches !

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Le Bastion des Orcs – Epis'orc I : Le Siège de Lunarën

Synopsis :

Une horde d’orcs a déferlé depuis les Hautes-Montagnes et s’est dirigée tout droit vers le Temple fortifié de Lunarën. Submergés par la violence de l’attaque, les elfes qui défendaient ce lieu sacré ont péri en tentant de le protéger. Lunarën constitue un verrou stratégique essentiel dans la région : de son sort dépendra l’issue de cette guerre qui oppose à présent les orcs aux elfes et à leurs alliés humains. Vous incarnez les renforts tant attendus par ce qu’il reste de la garnison de Lunarën : c’est donc à vous qu’il incombe désormais de déloger du Temple elfique cette horde d’orcs, laquelle n’a pas tardé à transformer les lieux en un puissant Bastion pour mieux s’y retrancher…

Durée conseillée : 5h environs
Idéal pour: 20 à 65 personnes
Ambiance : Exploration de donjons façon Dungeon & Dragons, accompagnée de combats épiques façon Seigneur des Anneaux.
Scénario de type : GN (LARP)
Action :
Escape Game :
Lecture en amont :

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