9 - LES PROTECTEURS DU PHOENIX

En quittant l’auberge ce matin-là, un ciel sans nuage avait accueilli la reprise de leur route.

« Espérons qu’ils ne reviendront pas ». Le ton du capitaine Aigrécailles manquait d’assurance. Ses yeux scrutaient le ciel à la recherche de ces nuages noirs qui paraissaient tant l’inquiéter.

La moitié du pays était terrifiée à l’idée que les orcs puissent à tout moment revenir du sud pour ravager leurs terres ; la Compagnie du Phœnix craignait pour sa part que la pluie leur tombât dessus. Sur eux, et sur l’œuf qu’ils protégeaient.

Ils vénéraient avec ferveur le Dieu Phœnix. Cela n’était trahir aucun secret que de le dire haut et fort. D’ailleurs, comment auraient-ils pu rester discrets avec cet œuf de la taille d’une de ces cartosphères qu’on trouvait dans les bibliothèques d’Haldibart ? Dès leur entrée dans cette auberge, et parce que forcés de sortir un peu leur œuf qui avait cet étrange besoin de respirer, ils avaient du affronter les regards ébahis des quelques clients qui se trouvaient là, de qui à sa table, de qui à son comptoir, de qui enfin qui depuis les écuries lorgnait les nouveaux venus et leur curieux trésor. Un vieillard leur avait rapidement mis le grappin dessus ; il avait posé ses mille questions sur ce qu’il croyait être un œuf fossilisé et avait fait lui-même la moitié des réponses. Il avait voulu toucher l’œuf ; on le lui avait refusé. Il avait voulu acheter l’œuf ; on lui avait déconseillé de réitérer ce genre de folie.Il avait enfin demandé à pouvoir dessiner l’œuf en l’observant de loin ; pour obtenir de lui la paix et le silence, la compagnie lui avait accordé cette consolation.

Du reste, l’orage ce soir-là s’était mis à gronder au-dessus de leur tête. Comme tout un chacun dans l’établissement, les Protecteurs du Phœnix avaient été trop heureux de jouir d’un bon toit et d’entendre la pluie se répercuter dessus plutôt que de la subir. En tant que serviteurs du Feu, ils étaient naturellement enclins à se sentir mal à l’aise en présence d’eau venue des cieux. Ils qualifiaient cela d’eau divine, et croyaient que s’en trouver aspergés pourrait affecter la flamme intérieure de leur propre ferveur. Voilà pour leurs précautions ordinaires – précautions qu’ils voyaient renforcées par la présence dans leurs besaces de cet œuf flamboyant et chaud qu’ils avaient emporté avec eux depuis Criselad.

La pluie dura trois jours pleins, aussi payèrent-ils chacun au tenancier le prix de trois nuits. La chambre-dortoir qu’il leur avait alloués en commun était relativement confortable, et même, assez spacieuse – quoiqu’on pût facilement regretter la présence des mouches et l’odeur des écuries qui se situaient juste en-dessous.

« Vous regretterez vite ce confort si vous commencez à vous en plaindre, leur avait lancé Aigrécailles au lendemain de leur première nuit passée en ces lieux. Le martèlement de la pluie nous a tous empêché de dormir, eh, quoi ? A Lunarën, le manque de sommeil sera bien le moindre de nos maux. »

Les Protecteurs du Phœnix étaient armés, entraînés, vaillants à la bataille, endurants face aux souffrances, et dévoués corps et âme à la cause de leur Dieu. En entendant ces mises en garde de leur capitaine, ils tournèrent instinctivement la tête vers l’œuf qu’ils avaient disposé sur la petite table attenante à la fenêtre, au centre d’un triangle formé de leurs propres oreillers. Leurs craintes n’allaient somme toute qu’à cet œuf rouge-orangé et zébré de fines rainures, dont les rougeoiements intérieurs oscillaient en intensités tel des battements de cœur. Si puissant, et pourtant si fragile ; voilà peu ou prou ce que chacun éprouva en cet instant-là.

Leur capitaine avait en outre ordonné aux douze membres de sa compagnie de procéder jour et nuit à des tours de garde dans la chambre. Bien lui en pris : deux tentatives sérieuses et un embryon de tentative de vol de l’œuf furent repoussées. De simples malandrins qui avaient cru pouvoir tirer un bon prix de la revente de cette curiosité, et qui avaient été déboutés à grands renforts d’hématomes et d’arcades ensanglantées. Des machinations étouffées dans l’œuf, aurait volontiers plaisanté Aigrécailles. Si près de leur but cependant, la tension était palpable ; l’échec était à un faux pas de la réussite ; ce trait d’humour n’aurait pas fait rire ses hommes aux yeux cernés par leurs courtes nuits.

« Quelles sont nos chances, capitaine ? » hasarda la jeune Tamia, une elfe à la peau brune et à la longue chevelure noire comme le jais.

Aigrécailles soupira dans une moue à vous miner le moral. Le capitaine détourna le regard vers la fenêtre pour y contempler le ciel noir et zébré qui se déchaînait au loin.

« Minces. »

Tout le monde dans la chambre-dortoir avait redouté telle réponse.

« Minces, minces, minces… Voyez-vous, la compagnie : la Garde Elfique n’aura jamais été aussi seule qu’en cette heure sombre. Vous pouvez m’en croire : j’ai discuté du sujet avec tous les notables des villes que nous avons parcourues depuis notre départ. A Criselad d’abord, puis à Meriand, à la grande Haldibart, à Draverion, les discours concordent : tous ont reçu les corbeaux du Lord Commandant Nastën ; et pourtant, si peu ont accepté de répondre à son appel. Il semblerait de les querelles ancestrales aient la peau dure et la rancune tenace. Suffisamment, tout du moins, pour se manifester à un moment de notre histoire commune où le péril n’a jamais été aussi grand que depuis l’affrontement contre le Dragon. »

A ce moment-là, ce fut à son tour de tourner la tête et de fixer, dans le sourire tendre d’un père à son enfant, l’œuf immobile et silencieux qui rougeoyait faiblement à l’autre bout de la pièce.

Une nuit de plus s’écoula, puis une autre encore. Ils avaient bien cru que la pluie, qui avait chu sans discontinuer, ne s’arrêterait jamais. Que leur Dieu les aient entendus, ou bien que le ciel ait terminé de pleurer tout ce que ses nuages pouvaient contenir, la troisième aube qui se leva pour eux depuis leur arrivée en ce lieu sonna l’heure de leur remise en chemin.

Il abandonnèrent le curieux vieillard, sa cape en peaux de chevreuils et son étrange couronne en bois de cerf qui lui ornait le front. Sitôt leurs paquetages terminés, ils avaient tôt fait de reprendre la route sous un ciel bleu, laissant peu à peu s’éloigner derrière eux l’enseigne brinquebalante où les mots « TROIS-CHEMINS » s’estompèrent bientôt dans la brume matinale. Les yeux rivés sur l’œuf qu’il avait pris soin de molletonner dans sa propre besace, le capitaine Aigrécailles rompit le silence au moment où les hautes murailles de Lunarën commencèrent à se dessiner à l’horizon :

« Quoi qu’il adviendra là-bas, et quoi qu’il se passera pour nous, n’oubliez jamais ceci : donner votre vie pour le Phœnix doit demeurer votre seule et unique raison d’être… et la moindre des gratitudes que nous puissions tous Lui témoigner. »

Au choix ! En début de séance, toutes vos armes qui sont plus grandes que des armes courtes (env. 60 cm max) seront susceptibles de vous être retirées temporairement afin que vous puissiez les « acheter » aux Marchand(e)s en cours de séance. Notez bien que les Marchand(e)s d’armes ne vendront pas à d’autres participant(e)s les armes que vous aurez apportées pour vous-même !
Si vous ne possédez pas d’armes de GN pour cette séance, l’organisation vous en fournira !
Au choix ! selon ce que vous aura inspiré la lecture de cette présentation du groupe ! (Si vous manquez d’inspiration, voici une idée possible) : Costume de personnage d’inspiration guerrier classique type « Dungeons & Dragons », vêtu au choix de cuir, de maille, de plaque, voire d’une combinaison de tout cela à la fois. Toute autre variante de votre choix sera également la bienvenue !
Si vous ne possédez pas de costume pour cette séance, l’organisation vous en fournira un !
6 personnages, elfes et/ou humain(e)s (uniquement)

Le Bastion des Orcs – Epis'orc II : Le Piège de l'Asservisseur

Synopsis :

Après d’âpres assauts menés contre le Bastion des Orcs, l’infâme forteresse est finalement tombée. Les vainqueurs de Lunarën exultent, et une nouvelle ère de prospérité semble déjà s’annoncer. Hélas, à peine les elfes et leurs alliés ont-ils gravi les marches menant au Sanctuaire de l’ancien Temple fraîchement reconquis, que de par le nord et par le sud jaillissent des renforts orcs inattendus. Depuis le fleuve, d’étranges pirates viennent de débarquer avec tout un équipage. Sur la plaine, l’air s’est empli de la magie d’un mystérieux sorcier, lui-même à la solde du maître d’œuvre de toute cette manœuvre d’encerclement : l’Asservisseur. Vous voici pris au piège au cœur du Sanctuaire de Lunarën. Votre refuge est un lieu dévasté. Votre situation est des plus critiques.

Et le temps vous est déjà compté…

Durée conseillée : 4h environs
Idéal pour: 20 à 48 personnes
Ambiance : Exploration de donjons façon Dungeon & Dragons, accompagnée de combats épiques façon Seigneur des Anneaux.
Scénario de type : GN (LARP)
Action :
Escape Game :
Lecture en amont :

Accéder à l’univers complet du Bastion des Orcs

La saga idéal pour découvrir ou faire découvrir le GN à ses proches !

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Le Bastion des Orcs – Epis'orc I : Le Siège de Lunarën

Synopsis :

Une horde d’orcs a déferlé depuis les Hautes-Montagnes et s’est dirigée tout droit vers le Temple fortifié de Lunarën. Submergés par la violence de l’attaque, les elfes qui défendaient ce lieu sacré ont péri en tentant de le protéger. Lunarën constitue un verrou stratégique essentiel dans la région : de son sort dépendra l’issue de cette guerre qui oppose à présent les orcs aux elfes et à leurs alliés humains. Vous incarnez les renforts tant attendus par ce qu’il reste de la garnison de Lunarën : c’est donc à vous qu’il incombe désormais de déloger du Temple elfique cette horde d’orcs, laquelle n’a pas tardé à transformer les lieux en un puissant Bastion pour mieux s’y retrancher…

Durée conseillée : 5h environs
Idéal pour: 20 à 65 personnes
Ambiance : Exploration de donjons façon Dungeon & Dragons, accompagnée de combats épiques façon Seigneur des Anneaux.
Scénario de type : GN (LARP)
Action :
Escape Game :
Lecture en amont :

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